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Avec l’aéroport Blaise-Diagne, le Sénégal espère enfin prendre son envol

À l’issue d’une décennie de travaux et après moult péripéties, le Sénégal a enfin étrenné, le 7 décembre, son nouvel aéroport international Blaise-Diagne à Diass, dans la région de Thiès.

L’instant est solennel. Il est 11h 22 à Diass, environ 50 kilomètres au sud de Dakar. Le président Macky Sall coupe le ruban afin de pouvoir pénétrer dans le hall du terminal passagers et satisfaire aux formalités d’usage du voyageur. Par ce geste, il étrenne symboliquement l’aéroport international Blaise-Diagne de Diass (AIBD), accompagné de quatre de ses pairs, ses hôtes du jour : les chefs d’État gambien Adama Barrow, bissau-guinéen José Mario Vaz, gabonais Ali Bongo Ondimba, et du Santoméen Patrice Trovoada.

Contrôle des documents, sécurité, visite du duty-free et de l’imposante tour de contrôle trônant sur ses cinquante mètres de haut, ballet aérien de l’armée de l’air sénégalaise, décollage inaugural de la piste de Diass de la Pointe-Sarène, l’aéronef présidentiel, baptême de l’eau des deux ATR 72-600 de la nouvelle compagnie nationale Air Sénégal, flonflons, danses traditionnelles, prestation du chanteur Youssou Ndour, et inévitables mobilisations des militants politiques ont été les temps forts qui ont rythmé l’inauguration du nouvel aéroport.

Pour le symbole, la fête a coïncidé à la Journée mondiale de l’aviation civile internationale.

Cinq fois plus grand que l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor

« L’AIBD a une capacité de traitement de 3 millions de voyageurs par an, extensible à 10 millions »

À l’issue d’une décennie de travaux démarrés en décembre 2007 sous Abdoulaye Wade, de multiples péripéties et après plus de 400 milliards de FCFA (610 millions d’euros) investis, le nouvel aéroport est finalement fin prêt à jouer le rôle de hub aéroportuaire régional tant souhaité par les autorités sénégalaises.

La nouvelle infrastructure s’en est, à l’évidence, donné les moyens : cinq fois plus grand que l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor, pour le terminal passagers, l’AIBD a une capacité de traitement de 3 millions de voyageurs par an, extensible à 10 millions (voire 20 millions à terme), et de 50 000 tonnes, pour le terminal fret.

Il dispose de six passerelles télescopiques, d’une piste de 3 500 mètres de long et de 75 mètres de large. Une première dans l’espace Asecna, l’agence chargée de la sécurité de la navigation aérienne sur le continent, selon les autorités aéroportuaires, sa piste peut accueillir l’A 380 ou le B 747.

Le chef de l’État Macky Sall qui, au passage, a rendu hommage à son prédécesseur Abdoulaye Wade, initiateur du projet qui occupait une place singulière dans sa politique de grands travaux, a insisté sur la fonction structurante que doit assumer l’AIBD.

« Il doit être à la fois un hub aérien et un pôle d’opportunités économiques par les connexions qui le relient à nos territoires. C’est la raison pour laquelle nous avons établi des connexions autoroutières entre AIBD-Diamniadio-Thiès-Mbour, aujourd’hui achevées. S’y ajoutent l’autoroute Ilaa Touba et le Train express régional (TER) Dakar-Diamniadio. En plus de ces connexions routières, deux nouveaux ports sont en train d’être érigés à quelques kilomètres d’ici », a-t-il indiqué, évoquant le port multifonctionnel de Ndayane et minéralier-vraquier de Sendou, qui sont contigus à la future Zone économique intégrée de Diass.

Un montage financier combinant finance traditionnelle et finance islamique

Le lancement imminent du nouveau pavillon national, Air Sénégal, d’ailleurs un temps prévu concomitant à l’ouverture de l’aéroport, a été plus discrètement évoqué. Le président a cependant déclaré :. « il nous faut aussi une compagnie aérienne nationale qui vole à la hauteur de notre vision, d’où la création d’Air Sénégal SA sur des bases viables tenant compte des réalités et exigences d’un secteur où l’improvisation n’a pas sa place. Après l’acquisition de deux ATR 72-600, nous  allons signer dans quelques jours, le contrat d’achat de deux appareils Airbus 330 Neo ».

Les représentants du pool financier du projet (BAD, BID, AFD,  BOAD, la Société de développement industriel d’Afrique du Sud, etc.), ont tous salué le montage financier singulier du projet ayant « combiné les instruments de la finance islamiqueà ceux de la finance conventionnelle », indique Bandar Al Hajjar, président du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), coarrangeur, avec la BAD, du pool financier